| DESIGN EAU DE PLUIE
De l’eau de pluie à la salle de bain : 5 étapes pour un design eco -responsable
Superficie : entre 3 et 15 m²
Longtemps reléguée au seul champ de la technique, la récupération de l’eau de pluie s’impose aujourd’hui comme un véritable parti pris architectural et décoratif. Intégrée dès la conception de l’habitat, elle valorise les espaces extérieurs et accompagne la création de salles de bains plus éco-responsables. Cuves sculpturales, gouttières graphiques, bassins paysagers ou fontaines murales transforment un enjeu environnemental en écriture esthétique, tout en réduisant durablement la consommation d’eau potable.
1. Sélectionner des cuves hors sol sculpturales
Le choix de cuves hors sol permet de capter efficacement les eaux pluviales issues de la toiture, notamment lors de fortes précipitations. Implantées dans un jardin ou une cour, elles peuvent s’inscrire dans le prolongement direct des gouttières ou être reliées par des canalisations discrètes, apparentes ou enterrées. Les eaux collectées peuvent également être acheminées vers une citerne enterrée filtrante afin d’optimiser le stockage. Ces cuves prennent la forme de bassins à ciel ouvert intégrant des plantes aquatiques décoratives et filtrantes, ou de volumes verticaux évoquant de grandes jarres sculpturales. Les matériaux à privilégier — acier patiné, inox, terre cuite ou béton — garantissent une étanchéité durable et un rendu esthétique. Des modèles en plastique ou en métal habillés d’un bardage bois peuvent également être envisagés. Pour un usage domestique (WC, lave-linge, voire douche selon les projets), l’eau collectée doit être traitée par un système de filtration réglementé associant pré-filtration mécanique et filtre à charbon actif. Assumées comme de véritables éléments de décor, ces cuves rendent le cycle de l’eau lisible et pleinement intégré à l’aménagement.
2. Installer des gouttières légères et graphiques
Souvent réalisées en PVC ou en zinc, les gouttières assurent l’évacuation des eaux de toiture mais restent généralement dissociées du projet architectural. Inspirées du modèle japonais (kusari-doi), les chaînes de pluie offrent une alternative plus légère et expressive. Fixées en sortie de chéneau, elles guident le ruissellement le long d’un parcours vertical maîtrisé, ralentissent l’écoulement et améliorent la récupération. L’eau est dirigée vers une cuve hors sol, un bassin ou une citerne enterrée, permettant une première décantation naturelle. Réalisées en acier inoxydable, cuivre ou aluminium, ces chaînes peuvent adopter des motifs graphiques variés : médaillons, coupelles, cercles imbriqués ou maillons articulés. Le cliquetis de l’eau sur le métal ajoute une ambiance sonore douce et apaisante. En pied de chaîne, graviers, bassins en pierre et plantes filtrantes favorisent l’infiltration et la filtration naturelle. Ce système de chaîne peut également être invisibilisé en étant intégré dans un coffrage en façade du bâtiment et relié à une fontaine se déversant dans un bassin de phytoépuration extérieur. Pour un usage domestique, l’eau collectée doit également faire l’objet d’une pré-filtration réglementée.
3. Intégrer des bassins au cœur de l’habitat
La récupération de l’eau de pluie peut aussi devenir un élément paysager inscrit dans l’enceinte intérieure du bâti. Inspiré des impluviums , bassins en pierre au centre des maisons romaines de l’antiquité, un bassin central capte l’eau pluviale par une ouverture zénithale soigneusement cadrée. La lumière naturelle provenant du toit révèle les reflets de l’eau en mouvement. Le bassin agit comme un point d’ancrage visuel et sensoriel. Les matériaux préconisés sont de type minéral comme la pierre ou le béton avec un revêtement d'étanchéité pour éviter les infiltrations. Des assises en bois et pierre peuvent contourner le bassin et offrent un lieu de méditation et de contemplation. Derrière une paroi murale de pierre, un système de filtration mécanique invisible permet de récupérer les eaux pour l’usage de la maison . Des cadrages vers le paysage extérieur peuvent être envisagés pour renforcer une ambiance de refuge connecté à l’ extérieur. Le ruissellement devient un rituel quotidien, visible et silencieux. Fonctionnant comme une annexe de la maison, cette pièce dite technique se transforme en espace de contemplation, reliant architecture, paysage et cycle naturel de la pluie.
4. Mêler technique apparente et intérieur contrasté
Une fois acheminée à l’intérieur et après filtration réglementée, la récupération de l’eau de pluie peut s’imposer comme un élément de composition au sein de la salle de bain. Des cuves métalliques réservoirs auto filtrants deviennent des objets architecturaux à part entière, La tuyauterie des canalisations en cuivre ou en acier devient apparente. Le cheminement de l’eau recyclée est mise en scène et devient lisible. Pour le sol des matériaux naturels bruts comme bois ou béton permettent de souligner les cuves d’eau métalliques. Pour les murs de la salle d’eau, utiliser des tonalités sombres comme des couleurs contrastées — noirs profonds, verts minéraux ou bleus encre — permet de créer un contraste fort avec la technique apparente et participe à une atmosphère chic et élégante. De plus, le choix d’un éclairage chaud ponctuel et dirigé participe à la théâtralisation de l'espace. Enfin, des ouvertures cadrées sur le paysage extérieur avec des vues choisies sur les jardins et les bassins d’eau renforce la connexion entre contemplation extérieure et confort intérieur.
5. Créer des fontaines théâtralisées et éclairées
À la nuit tombée, ces éléments de récupération d’eau de pluie peuvent également devenir des petits scènes de décoration paysagère mises en lumière. Des systèmes de fontaines d’eau murale reliées au système de récupération d’eau de pluie (gouttière cuves hors sol citerne) deviennent ainsi le point focal du jardin. Les matériaux du mur peuvent être en pierre naturelle ou en béton brut, avec un bec verseur en acier corten, inox brossé ou laiton. Le choix du métal apporte une écriture contemporaine à la fontaine permettant de créer une ambiance zen et minimaliste. autour du bassin des graminées, herbes aromatiques ou fougères peuvent accompagner le mouvement naturel de l’eau. Le sol, traité en graviers minéraux ou en dalles de pierre, favorise l’infiltration. Un éclairage LED basse tension, à faisceau rasant, met en valeur la texture des matériaux. Des températures chaudes ou neutres (2700 à 3000 K) préservent une ambiance douce. L’écoulement de la fontaine s’effectue en circuit maîtrisé, via une canalisation dissimulée dans le sol reliée au système de filtration et de stockage et reliée directement à la salle de bain. L’ensemble compose une scène nocturne où écologie, architecture et émotion se rencontrent.
Commanditaire : MAGAZINE MAISON A VIVRE
Conception : @STETTLERARCHITECTURE
© photo : @STETTLERARCHITECTURE